Rapport 2020

 

Avant-propos

 

  Partout dans le monde, l’irruption de la pandémie a brutalement changé nos manières de vivre ensemble et de travailler au début de 2020. Dans les universités, cela s’est traduit par des campus quasiment désertés et une adaptation forcée et rapide au travail à distance, que ce soit pour l’enseignement, la recherche ou l’administration. Les programmes doctoraux de la CUSO ont été contraints d’annuler ou de reporter de très nombreuses activités : conçues précisément pour favoriser le contact direct entre doctorant·e·s et expert·e·s, très interactives, avec souvent des aspects pratiques (terrain, manipulations…), les formations prévues pouvaient difficilement passer en mode distanciel, du moins à court terme. De plus, les responsables de l’organisation, de même que les doctorant·e·s, étaient prioritairement mobilisé·e·s par le redéploiement de l’enseignement dans les premiers cycles. En particulier pour les doctorantes et doctorants, dont bon nombre sont aussi assistant·e·s, les difficultés se sont multipliées : accès compliqué, voire impossible, aux laboratoires, aux bibliothèques, au terrain; surcroît de tâches d’organisation et d’enseignement liées au passage en ligne ; solitude et isolement accrus…

 

  Chaque programme s’est pourtant attaché à revoir son offre, et à proposer des cours, rencontres et séminaire en ligne. Lorsque les conditions le permettaient, des activités ont même pu se tenir en présentiel, dans le strict respect des protocoles sanitaires. Le programme transversal «développement des compétences transférables» constitue un cas particulier, dans la mesure où la plupart des ateliers offerts ont pu être transposés dans des versions distancielles. Des formats nouveaux, plus courts, sont aussi apparus, et des activités spécifiquement adaptées à la situation (gestion du travail en temps de crise). De son côté, le secrétariat de la CUSO a développé des contenus en ligne, sous la forme d’un blog, visant à soutenir les doctorant·e·s en proposant conseils et ressources. Une série de courtes vidéos donnant la parole à des docteur·e·s avec des parcours professionnels très divers est également venue enrichir le site web, sous le titre «Un doctorat… et après ?»

 

  Dans une période de multiples incertitudes, nos universités ont consenti d’importants efforts pour pallier certaines conséquences particulièrement néfastes des contraintes sanitaires. Elles ont, par exemple, permis la prolongation de nombreux contrats à durée déterminée pour des chercheuses et chercheurs dont les recherches ont été forcées à l’arrêt, parfois pendant plusieurs mois. Au travers de la CUSO, elles continuent d’offrir une formation doctorale plus que jamais indispensable. En permettant aux doctorant·e·s d’enrichir leur expérience au contact de leurs pair·e·s et d’expert·e·s du monde entier, en les intégrant dans des communautés scientifiques élargies, en favorisant l’échange et la socialisation, les programmes CUSO contribuent à l’acquisition d’un véritable métier de chercheur ou chercheuse. Les facultés d’adaptation ont été mises à rude épreuve, les membres de nos programmes, quel que soit leur statut, ont su relever le défi. Nos programmes ont expérimenté de nouveaux modes d’enseignement et d’échange, de nouveaux formats, et continueront à offrir une formation diversifiée, en constante évolution. Ils poursuivront ainsi leur mission de soutenir les doctorant·e·s dans la préparation de leur thèse, mais aussi dans celle de leur future carrière professionnelle, quelle que soit la direction que celle-ci prendra.

 

  Nous adressons nos plus vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui œuvrent à l’organisation et au développement des programmes CUSO. C’est grâce à leur travail et à leur engagement que peuvent se déployer nos activités de formation interuniversitaires, au bénéfice de toutes et tous.

 

Dr Denis Billotte
Secrétaire général

Pr Yves Flückiger
Président

 

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Rapport 2019

 

Avant-propos

 

Le doctorat, bien plus qu’un effort solitaire

 

   Le doctorat est le diplôme le plus individuel qui soit. Le principe même d’une thèse réclame que l’objet, ou à tout le moins la manière de l’aborder, en soit distinct des travaux existant dans le même domaine. Les recherches sont effectuées personnellement, et les résultats en sont assumés par la ou le seul·e doctorant·e qui les a menées. Même dans les grands instituts ou laboratoires, lorsque plusieurs doctorant·e·s travaillent simultanément sur des sujets proches, chacun·e produit un artefact – la thèse – qui lui est propre et ne peut être comparé à d’autres comme on le ferait pour des copies d’examen.

   Et pourtant, le travail de thèse, comme tout travail de recherche, n’a de sens que dans son rapport au savoir collectif, à la communauté scientifique, dans son domaine et au-delà. Et même, plus largement, à l’ensemble des personnes, passées, présentes et à venir, qui ont produit ce savoir ou l’utiliseront, le discuteront, le valideront, le contesteront… Même en adoptant une posture solipsiste du savoir pour lui-même, on est toujours tributaire, et en partie déterminé, par l’inscription historique et sociale de ses outils, méthodes, hypothèses et perspectives.

   Pour préparer les candidat·e·s au doctorat, les universités ne peuvent se contenter de les laisser se former et progresser isolément, hors de toute référence à des contextes et à des communautés. C’est évidemment d’abord le rôle des directrices et directeurs de thèses de soutenir et de guider les doctorant·e·s dans la découverte de leur environnement scientifique, et aussi de leur ouvrir leur propre réseau. L’institut, le département, la section jouent également une part importante dans la nécessaire socialisation académique, tant au travers de séminaires et colloques que par la participation à la vie de l’institution.

   Les programmes doctoraux, tels que les conçoivent les universités membres de la CUSO, offrent quant à eux une ouverture essentielle en permettant rencontres et échanges avec des expert·e·s aussi bien qu’avec des pairs hors des dépendances institutionnelles ou personnelles. Les activités proposées sont toujours collectives, et rassemblent des doctorant·e·s et des enseignant·e·s de plusieurs universités, et souvent de plusieurs spécialités. Elles aident ainsi les doctorant·e·s à placer leur projet scientifique dans un espace collectif, à s’approprier les valeurs et normes de la communauté scientifique et à consolider leur identité professionnelle et leur sentiment d’appartenance à un courant scientifique.

   Cette exposition à l’autre dans le champ de la recherche apporte une immense valeur ajoutée à la formation de l’esprit, de l’argumentation, de la critique, et in fine à la construction d’une pensée personnelle appuyée et contrastée par celle des autres membres de la communauté scientifique. En créant et soutenant, dans le cadre de la CUSO, 33 programmes doctoraux conjoints, les universités de Suisse romande s’engagent fermement pour une expérience doctorale riche, ouverte et fructueuse.

   Nous adressons nos plus vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui œuvrent à l’organisation et au développement des programmes CUSO. C’est grâce à leur travail et à leur engagement que peuvent se déployer nos activités de formation interuniversitaires, au bénéfice de toutes et tous.

 

Dr Denis Billotte
Secrétaire général

Pr Yves Flückiger
Président

 

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Rapport 2018

 

Avant-propos

 

   Les universités de Suisse romande se sont engagées en commun dans l’organisation et la promotion de la formation doctorale il y a près de cinquante ans. Depuis les premiers cours et séminaires du «troisième cycle», nos institutions ont connu de profonds changements. La signification et la valeur d’un doctorat ont aussi évolué sensiblement au long de cette période. Autrefois orienté presque exclusivement vers la préparation de la relève académique, le titre de docteur mettait l’accent sur le travail individuel. La thèse était considérée à la fois comme un aboutissement (en tant que contribution à l’avancement de la science) et comme signe de la capacité à poursuivre une carrière au sein de l’université.

   Aujourd’hui, ces aspects n’ont certes pas disparu, mais le contexte s’est considérablement élargi. Le nombre de candidat·e·s au doctorat a plus que doublé depuis un quart de siècle, en réponse à l’effort de recherche et à la compétition entre institutions, mais aussi en raison des perspectives potentiellement offertes par le titre. De plus en plus, le travail s’effectue au sein d’équipes de recherche, et prend une dimension collective. Les cotutelles ou codirections se multiplient. De nouvelles formes apparaissent pour la thèse, qui par exemple peut être composée d’articles publiés dans des revues. Surtout, il apparaît que la vaste majorité des docteur·e·s poursuit une carrière en dehors des institutions académiques. Le doctorat n’est ainsi plus seulement une formation à la recherche, mais aussi, et peut-être surtout, une formation par la recherche. C’est une expérience au travers de laquelle les doctorant·e·s acquièrent, en plus de l’expertise et de l’approfondissement scientifiques, des compétences professionnelles liées à l’exercice de la recherche.

   Enrichir et consolider cette expérience doctorale, c’est l’objectif  poursuivi par la CUSO au travers des programmes qu’elle soutient. Ensemble, les universités membres et partenaires veulent ainsi donner aux jeunes chercheurs et chercheuses les perspectives les plus ouvertes et les meilleures chances pour leur avenir professionnel, quel que soit leur choix de carrière.

Nous adressons nos plus vifs remerciements à toutes celles et tous ceux qui œuvrent à l’organisation et au développement des programmes CUSO. C’est grâce à leur travail et à leur engagement que peuvent se déployer nos activités de formation interuniversitaires, au bénéfice de toutes et tous.

 

Dr Denis Billotte
Secrétaire général

Pr Yves Flückiger
Président

 

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