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05
24
2022

Mot de Kilian Winz, représentant des doctorant·e·s

Kilian Winz

Mes biens chères collègues doctorantes et chers collègues doctorants,

Vous m’avez élu une première fois en 2018 pour vous représenter à la Commission de coordination et de gestion de la CUSO avant de me réélire en 2020 pour un second mandat. Étant donné que je m’apprête à achever ma thèse cet été, je ne me représenterai pas aux prochaines élections. C’est ici l’occasion de vous laisser un petit mot pour vous témoigner, avant tout, de la reconnaissance qui est la mienne pour ces quatre années à défendre nos intérêts.

Ces quatre années ont été marquées par une pression constante sur les budgets dédiés à la formation doctorale. Cette situation est assez singulière dans la mesure où la demande en formation est inversement proportionnelle aux budgets à disposition. En effet, nous avons été nombreuses et nombreux à marquer notre attachement à nos programmes doctoraux ou au programme transversal; attachement révélé par la quantité importante d’inscriptions récoltées chaque année. Grâce à notre voix consultative au sein de la Commission, nous sommes parvenus à trouver des solutions intéressantes pour maintenir au mieux les standards de formation. L’excellente collaboration avec les vice-recteurs et rectrices, sensibles à la nécessité et l’importance de proposer une formation doctorale de qualité a permis de tracer un joli chemin fait de compromis et de solutions pragmatiques.

Chères doctorantes et chers doctorants, ces quatre années m’ont fait prendre conscience que la formation « tout au long de la thèse » doit, en réalité, être une priorité pour chacune et chacun d’entre nous. Toujours pris par la nécessité de devoir préparer le prochain cours et l’obligation de finir un chapitre d’écriture ou la lecture d’un article avant la semaine prochaine, nous devons sans doute garder à l’esprit que la formation doctorale apparait comme un investissement sur le long terme. Ce n’est un secret pour personne : nous sommes dans une situation de contrat précaire. L’immense majorité d’entre nous ne poursuivra pas dans la voie académique. Se former tout au long de son cursus universitaire permet de réduire la probabilité de rencontrer des difficultés à trouver de l’emploi une fois les applaudissements de la soutenance retombés. De surcroît, pris dans un travail aussi passionnant que solitaire, les journées de formation sont l’occasion d’échanger, de partager ses difficultés et de créer un réseau. En bref, c’est une opportunité de se rendre compte que nous sommes moins seul.es et que les difficultés sont partagées par toutes et tous.

Enfin, je terminerai ces quelques mots en nous rappelant, qu’au sein d’un milieu universitaire ultra-concurrentiel, la solidarité entre doctorants et doctorantes prend pleinement sens. Toutes et tous, autant que nous soyons, traversons de violentes phases d’incertitude. Plutôt que d’alimenter cette concurrence institutionnalisée, nous avons beaucoup à gagner de cultiver un esprit d’entre-aide et de bienveillance. En plus de la formation tout au long du doctorat qui représente le premier bâton du/de la pèlerin, l’entre-aide couplée à la bienveillance est sans doute le deuxième bâton qui nous permet de parvenir à la fin du long chemin qu’est le doctorat.

Avec tout mon courage et ma considération,

Kilian