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05
07
2020

Quelle voie professionnelle après mon doctorat ?

Caroline Betto-Colliard, Ilaria Orsi & Denis Billotte, CUSO

Saviez-vous qu’en Suisse les titulaires d’un doctorat ne sont que 33% à se lancer dans une carrière académique après la fin de leur thèse ? En effet, en Suisse, plus de 58% des jeunes docteur·e·s exercent une activité professionnelle hors de l’université une année après la fin de leur thèse (selon une étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS) parue en 20181). Le doctorat ne constitue donc pas seulement la première étape de toute carrière académique, mais il représente souvent le premier palier pour une palette de parcours professionnels divers et variés.

Quels que soient vos objectifs professionnels, il est important de ne pas attendre la fin de son doctorat pour (1) réfléchir à la suite de sa carrière, (2) se créer un solide bagage de compétences ainsi que (3) un réseau de contacts.

Multiple career paths await PhDs

1.    Réfléchir à la suite de sa carrière
Il est fondamental de vous demander dès le début de votre thèse quelle vie vous envisagez après votre doctorat tant sur le plan professionnel que personnel. Cette réflexion est généralement un processus qui demande du temps, de l’ouverture d’esprit et de la flexibilité. La majorité des doctorant·e·s ne savent pas exactement ce qu’ils ou elles veulent faire après, et très peu font exactement ce qu’ils ou elles avaient prévu une fois leur doctorat en poche. Interrogez-vous sur les critères qui vous semblent importants. Quelques exemples ?  Le climat de travail, votre flexibilité, votre éthique, la possibilité de se perfectionner et de continuer à se former, ou encore l’utilisation appropriée de vos qualifications professionnelles. Renseignez-vous sur les différentes voies professionnelles à l’horizon par exemple auprès de vos ancien·ne·s collègues, ou au sein du centre de carrière de votre université.

2.    Se créer un solide bagage de compétences
Vous avez maintenant un plan de carrière (avec peut-être un plan B, voir même un plan C), ou une idée de différentes options professionnelles possibles. Il est fondamental de vous renseigner sur les compétences et les expériences pratiques à acquérir ou à développer pour maximiser vos chances d’y accéder. Les connaissances spécifiques et méthodologiques revêtent une  bien plus grande importance sur le marché du travail académique qu’en dehors de l’université et de la recherche pure. Les compétences transversales, que ce soit en communication, en planification et en organisation, … ainsi que les compétences sociales (empathie, patience, confiance pour en citer quelques-unes), sont non seulement extrêmement demandées dans le secteur d’activité non académique, mais aident également les doctorant·e·s qui visent une carrière académique. Dans l’imaginaire de certaines entreprises, les jeunes docteur·e·s peuvent coûter relativement cher, ou manquer d’expérience pratique ou encore être beaucoup trop spécialisé·e·s. Pour faire la différence, songez à toutes les compétences transférables que vous avez acquises durant votre doctorat (et elles sont plus nombreuses que vous ne le pensez), listez-les et mettez-les en avant ! Jetez un coup d’œil aux activités du module Projet professionnel du programme transversal CUSO qui pourront vous aider sur ce sujet particulier. N’oubliez pas que le programme transversal CUSO vous propose près de 100 activités par an dédiées aux compétences transférables : ne ratez pas ces opportunités !

3.    Développer un réseau de contacts
Une de mes anciennes collègues avait pour habitude de raconter qu’elle avait obtenu tous ses postes grâce aux pauses cafés ! Bien que ses compétences et ses expériences pratiques aient certainement énormément compté pour l’obtention de ses emplois, je pense qu’elle avait raison et que le réseautage joue un rôle prépondérant pour décrocher un emploi ou post-doc. Ne négligez donc pas les moments de socialisation avec vos collègues, d’abord parce qu’ils permettent de maintenir un bien-être mental durant votre thèse, mais également parce qu’il s’agit également d’occasions d’échanges et de partage professionnel indispensables à la construction de votre réseau. Profitez de votre thèse pour engranger un maximum de contacts professionnels que ce soit avec d’ancien·ne·s collègues, des ami·e·s ou des expert·e·s lors de conférences par exemple. Diffusez vos travaux de recherche et n’hésitez pas à demander à rencontrer des conférenciers et conférencières, ou des doctorant·e·s en ligne ces prochaines semaines. Pourquoi ne pas songer à vous créer un profil sur le réseau social professionnel LinkedIn ?

Vous avez d’autres idées ou commentaires à ce sujet, nous serions ravis de les lire !


1. Une année après la fin de la thèse, 33% des titulaires d’un doctorat se trouvent dans la filière académique. À l’inverse, 67% des titulaires d’un doctorat ne suivent pas la filière académique, mais exercent une activité professionnelle dans un autre domaine professionnel (58%), sont au chômage (4%) ou sans activité (5%) un an après l’obtention de leur diplôme issu de "Facilitateurs et entraves à la carrière académique des docteurs diplômés en 2012", Office fédéral de la statistique, 2018.